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UN POUMON POUR LA VILLE

UNE PLATEFORME CREATIVE ET CITADINE

La nouvelle étape entreprise dans la transformation des berges d’Auxerre va au-delà de la simple réhabilitation. Il s’agit de faire ville, sur le site des silos agricoles de la coopérative «110 Bourgogne».

Une ville au service d’une ambition créative, un grand projet urbain qui s’appuie sur la recherche et l’expérimentation culturelle. Les berges représentent l’opportunité dont nous avons décidé de se saisir pour doter la ville d’un nouveau cœur urbain de dimension régio-communale.

Autrefois symboles de l’essor d’une ville, elles se doivent de devenir celui de son renouveau. A l’instar des projets lyonnais ou nantais, il s’agit ici d’établir un renouveau qui passe par une démarche tout à la fois radicale et respectueuse du passé ; notre projet s’appuie sur les qualités intrinsèques d’un silo construit en 1930, sur le génie des lieux, pour réaliser et mener à bien cette transformation ambitieuse. Une démarche pragmatique et remarquable.

Ce projet ne s’écrit pas sur une page blanche, c’est pourquoi nous avons privilégié un process simple pour un programme complexe. Nous considérons la démolition strictement nécessaire pour l’utilisation et la valorisation de l’existant comme marche pied vers la transformation d’un des anciens silos en future école muséographique et Fondation d’Art Contemporain . Ce parti pris permet d’investir durablement les silos et au-delà, ce nouveau quartier. Le silo vient s’accompagner d’une nappe construite, végétale et intégrée au paysage historique de la ville. Cette nouvelle architecture, qui accueille une médiathèque se veut ouverte, elle se doit de re-organiser et re-connecter le territoire pour participer à la cohésion urbaine, appuyer l’identité des programmes, favoriser le vivre ensemble à l’échelle humaine. Architecturalement, la modularité, la capacité d’appropriation ainsi que la pertinence des espaces et la qualité des équipements sont au centre de la réflexion qui a gouverné le projet : en fonction des évolutions, du temps, des acteurs, des besoins et des contraintes programmatiques, ou sociales qui peuvent apparaître. L’architecture doit savoir répondre adéquatement aujourd’hui et s’adapter sans difficultés demain. La difficulté de ce projet complexe ne réside pas dans le dessin d’une architecture finie, mais dans la production d’un «outil extraordinaire» dont la pérennité tient dans sa capacité à se transformer, à s’inachever. Qualité d’usages et flexibilité des lieux sont, à nos yeux, les fondements d’un projet durable. Ce travail de soustraction d’abord, de construction ensuite nous conduit à proposer un projet pour :

. S’inscrire dans la trame urbaine : l’ouverture de larges percées dans la nappe, voies semi-publiques qui cheminent entre les programmes, mènent vers le centre-ville et le parc, vers le mail fluvial et la coulée verte et participent à l’ouverture et à la vie du site, redéfinir une échelle humaine et non plus industrielle, requalifier notamment le socle, le rapport au piéton.

. Considérer le projet comme un connecteur : au cœur du quartier de la création, les anciens silos ont pour ambition de «réconcilier ville, vie, culture», pour ce faire le projet ménage des espaces ouverts et appropriables, des lieux à la fois sécures par une bonne gestion des flux, agréables dans leurs qualités architecturales et paysagères.

. Privilégier l’espace, le sol, par la densité relative, encourager l’appropriation des lieux.

. Créer la cohérence avec les autres entités : dédiés à la recherche, à la formation, aux artistes et aux habitants et enfin à ce lieu, largement ouvert, dédié à la médiation, créer les conditions d’accueil des différents publics par des polarités identifiées autour d’espaces fédérateurs.
Au final, il s’agit de valoriser la spécificité des lieux tout en permettant aux différents acteurs et publics qui habiteront et fréquenteront le quartier de la création sur les berges de l’Yonne, de découvrir une hybridation entre la production artistique, le développement de l’intellect, la création. Ce nouveau territoire sera avant tout un lieu d’expérimentations artistiques, intellectuelles et sociales ; il se vivra aussi comme un nouvel espace de démocratie par sa capacité à attirer, à entraîner, à fédérer la diversité et la mixité des opérateurs et des publics qui en prendront possession.

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Les Silos

Vers de nouveaux objectifs

«Qui fera la discrimination entre ce qui doit subsister et ce qui doit disparaître ?»1 se demandait Le Corbusier. Cette question, je ne me l’étais pas encore posée avant d’entamer la rédaction de mon mémoire de Master sur le Patrimoine de la Honte et les dangers de mémoire autour d’Auschwitz-Birkenau. J’ai pour le moins le sentiment que ma génération sera sollicitée comme nulle autre jusqu’à présent sur le sujet, encore plus depuis la fragilisation de la notion de patrimoine industriel. Ainsi, hormis les doctrines, les théories, les courants, existe-t-il plus riche héritage pour les futures générations d’architectes que les bâtiments qui nous sont parvenus aujourd’hui? Comment en définir la valeur, comment faire le tri ?
Ces questions prennent tout leur sens dans la ville d’Auxerre, lieu d’affrontements entre les rares partisans d’un patrimoine qui souffre d’une image péjorative auprès de l’opinion publique, et des opérateurs publics et privés qui exercent une forte pression foncière dans les milieux agricole et naturel ces dernières années. Ainsi, suite à l’explosion d’un silo à grains sur le site portuaire de Blaye en région bordelaise, de nouvelles réglementations ont été mises en place (normes de sécurité, classement en site sensible, directive Seveso…) contraignant certains silos à interrompre leur activité. Les silos du Batardeau à Auxerre, qui en sont victimes devraient cesser leur exploitation à l’horizon 2014. Le danger existe bien, toutefois l’architecture qui en est le support fait quant à elle preuve d’une grande stabilité. Il est donc regrettable qu’elle soit victime de ces derniers durcissements et convoitises territoriales. Sur les berges de l’Yonne, le combat semble inégal et déjà tranché. Ce projet plus ou moins engagé n’a cependant pas l’ambition de se présenter comme le nouveau manifeste de la paysannerie. Car l’histoire de l’architecture en est intimement liée, il se veut simplement le support d’une prise de position d’un étudiant sur ces «monuments exceptionnels» qu’ont révélé le monde agricole et industriel.

Schema cellules

PARTI PRIS ARCHITECTURAL
Certaines questions semblent essentielles avant d’aborder ce projet: comment construire avec l’existant ? Comment créer une extension ? Donner une nouvelle identité au bâtiment sachant qu’il n’a plus la même fonction, ou au contraire garder intacte la silhouette du silo ? Doit-on conserver les cellules ? Ces édifices historiques disparaitront avec le temps si l’entreprise ou la profession ne les sollicite pas pour les intégrer dans l’histoire collective. Ainsi, l’implantation des silos dans le projet urbain prend part à la reconversion des quais du Batardeau et à l’extension du centre-ville vers L’Yonne. Les silos se veulent emblématiques de tout le développement des berges qui tend à se faire par la culture. Ils représentent le moteur de la reconquête de ce territoire. Pour ce faire et rendre les silos accessibles au public, ils s’enrichissent d’une architecture d’accompagnement qui permet d’installer les circulations verticales afin de gérer les flux propres à l’école et ceux du musée. Un escalier à double révolution anime la façade tournée sur la ville et marque le joint-creux entre la tour des silos construite en 1930 et sa nouvelle tourelle. Le projet gagne en surface grâce à un nouveau couronnement en attique et une extension basse, permet de servir les silos devenus espaces nobles. Par sa diversité programmatique, le bâtiment vivra 18h sur 24. Alors que l’on aurait pu imaginer les recouvrir ou les refaire à l’identique, le parti pris est de ne pas dénaturer les façades. Dissimulées depuis 1970 et l’édification du silo 4, il est important de s’appuyer sur l’architecture minimaliste et monumentale des cellules afin de révéler la nouvelle identité des lieux. Ces «colonnes de béton» éclairées la nuit illumineront la ville au quotidien.

Schemas silos

 

POLITIQUE CULTURELLE ET AMBITIONS
Déplorant le monopole exercé par Paris comme capitale d’une culture pour les élites, les silos s’inscrivent dans une politique de diffusion d’un nouveau genre, en marge des FRAC et autres lieux institutionnalisés. La direction des silos s’engage dans la création d’expositions sous forme de thématiques et de journées portes ouvertes. Elle recherchera l’audience d’un vaste public et la conquête de nouveaux spectateurs. L’articulation avec les autres formations du même genre qui irriguent le territoire constitue une des principales préoccupation de l’école. La direction des silos s’engage :
. à participer au développement culturel du territoire, à élargir son rayonnement et sa présence dans le département et sa région ;
. à mener des actions de sensibilisation et ateliers pour amateurs, scolaires, professionnels et associations ; à favoriser l’insertion professionnelle des jeunes artistes et affirmer la lisibilité de l’école ;
. à développer des liens de complémentarité avec les formations artistiques présentes dans la région et autres structures culturelles.

Ces ambitions alimentent la démarche de construction d’un centre alternatif puisqu’elles tendent toutes à une offre nouvelle pour la ville.

LA PROGRAMMATION
Les silos sont riches d’une activité intense et diversifiée, tant pour ce qui concerne sa programmation qui fluctue au rythme du calendrier scolaire que pour les ateliers de rencontres proposés. Cette activité se déploie au sein du bâtiment mais également hors les murs, pour aller au devant du public et susciter son envie de contribuer à la vie de ce nouvel outil culturel. On dénombre ainsi :
. Les expositions temporaires, la diffusion des travaux étudiants
. Les activités de l’école
. Les représentations événementielles
. Les ateliers amateurs L’accueil d’artistes…

événements complétés par une programmation hors les murs :
. Les ateliers s’ouvrent généreusement sur l’extérieur afin de nouer des liens entre les occupants des silos et le public (actions de
sensibilisation)
. Le musée investit le parvis et le parc en y exposant certaines de ses œuvres majeures (sculptures, œuvres éphémères…) et contribue au tourisme participatif de la ville en y installant les réalisations effectuées lors des sessions ateliers amateurs.
. Le musée s’efforce de porter l’art dans une enveloppe sciemment non usuelle, à la rencontre du public dans sa vie quotidienne.

Les silos assument pleinement ses fonctions d’outil de travail comme de lieu de restitution et de transmission de la culture. L’intérêt étant de décloisonner les disciplines et les différentes catégories d’acteurs, de structures culturelles et d’entreprises créatives. Il s’agit de faciliter les intermédiaires entre le monde professionnel et étudiant et de libérer l’abstraction qui règne autour de l’art dans les villes de campagne. De plus, le caractère de plus en plus hybride des œuvres plastiques, scéniques et numériques, oblige à concevoir un espace de démonstration adapté.

Prog Mick blancL’ECOLE
Localisée au cœur du projet, l’école représente une force du musée. Elle s’inscrit pleinement dans le projet artistique de la direction, mais aussi dans le projet de la ville d’Auxerre. Il s’agit d’une formation supérieure diplômante en art et muséographie de qualité, enrichissant le pôle de formations de la ville. L’ancrage de l’école dans les Silos se justifie pleinement par les interactions que suscite la rencontre de jeunes artistes avides d’évoluer et d’apprendre, avec un musée et en son sein, toutes les personnes qui le composent et le font vivre au quotidien. Trois promotions d’une trentaine d’élèves évoluent ainsi dans l’enceinte de l’édifice, accompagnées de leurs enseignants et d’intervenants extérieurs et pluridisciplinaires, participant à leur formation, parfois sur des durées de plusieurs semaines (artistes en résidence…). Les élèves travailleront dans les trois ateliers mis à leur disposition afin de permettre à chaque promotion de composer en simultané selon leur programme pédagogique. Ainsi qu’à-même les cellules du silo leur offrant un cadre de travail atypique et en phase avec les enseignements de contextualisation des œuvres. Ils profiteront également du partenariat avec la médiathèque et bénéficieront pleinement de l’auditorium dans le cadre de conférences ponctuelles et de cours magistraux. Outre les locaux de travail, les étudiants prendront possession de la cantine et d’un foyer qui se présentera comme un espace de détente et de convivialité à proximité du pôle d’accueil.

COMPOSANTE ACCUEIL
Le hall, premier espace dans lequel pénètre le public des Silos, constitue l’interface majeure entre l’histoire du site et son nouvel environnement. Le hall porte l’empreinte d’éléments reflétant l’identité du lieu, la vision des mamelles lui confère son originalité et offre au spectateur une première vision surréaliste des silos, ici, l’architecture est œuvre. Le hall préfigure les espaces qui composent le musée et ce tant pour les espaces que le public sera amené à emprunter, que pour les espaces qui ne lui sont pas accessibles mais qui participent à la définition de l’équipement. Ainsi, au moyen de transparences visuelles, d’espaces partagés, d’expositions éphémères dans le hall, le public doit prendre conscience que le musée ne se borne pas à des salles de diffusion mais qu’il est pluriel et qu’il abrite également une école. Le hall, est un espace nodal qui constitue le cœur du musée, et le point de chute du centre culturel. Il s’agit de l’espace majeur de rencontres entre le public, les étudiants, les artistes, ainsi que d’un lieu qui pourra accueillir ponctuellement de petits événements (diffusion, représentations théâtrales…). Il s’agit d’un lieu animé, appropriable par tous. Il supporte diverses fonctions : billetterie, information, boutique, mais également des activités de plaisirs. On se détend sur les gradins, ou bien on s’y attarde pour manger à la cantine. L’idée de cantine reflète en tout point l’esprit souhaité pour le hall, ce qui prime ici est la dimension de convivialité et d’usage. C’est un espace ouvert à tous, proposant une restauration simple et quotidiennement fréquenté par les étudiants ainsi que le public souhaitant s’y attarder. En soirée, elle est utilisée comme bar et anime enfin les bords de l’Yonne.

LES ESPACES D’EXPOSITION
Dans cette cathédrale culturelle, le patrimoine se veut le support d’une nouvelle forme de représentation de l’art. Grâce à son partenariat avec l’école en art et muséographie, la totalité des silos exprime la créativité des artistes invités et de ses étudiants. Dans un soucis de réalité constructible et structurelle, un travail conséquent est réalisé dans l’intention de rendre accessible les silos au public. Après consultation de M. Bruno Thomas et M. Philippe Cœur, ingénieurs et enseignants à l’ENSAPVS, il est apparu qu’un certain nombres d’interventions sont possibles sans pour autant mettre en danger la stabilité de l’édifice. à commencer par l’évidement de cellules au cœur du dispositif afin d’apprécier la volumétrie générale de l’édifice et permettre l’exposition d’œuvres d’envergures. Les cellules périphériques de la cathédrale sont préservées afin d’accueillir des salles d’exposition plus conventionnelles et accessibles par des coursives latérales. En raison de leur disposition, ces salles permettent une muséographie d’expositions thématiques. Une double couche de cellules sont conservées pour permettre des expositions intimistes où seront diffusées des œuvres exprimant des jeux de lumières. Au même titre que les mamelles situées au RDC, ici on révèle le surréalisme des espaces en perçant les cellules afin de faire communiquer les volumes et offrir des perspectives incroyables. La muséographie générale reprend le système New-Yorkais du Guggenheim Museum, et retranscrit symboliquement le circuit des graines. L’exposition commence par la galerie située au dessus des silos (salle belvédère), avant d’être «reverser» dans les cellules. Enfin, le parcours s’achève au niveau 1 et dévoile le sublime de l’architecture passée.

LA SALLE EVENEMENTIELLE
Située au dernier niveau, elle fait office de nouvelle attraction pour la ville. Cette salle de prestige permet d’accueillir de 250 à 300 personnes dans le cadre de soirées festives, de petits concerts, de représentations, de meetings ; un bar permet de soutenir ces activités. Cet espace est soumis à la location, mais en cas de nécessité, le musée se réserve le droit de réquisitionner cette salle afin d’offrir un espace d’exposition d’une toute autre nature. Essentiellement vitrée, de nuit, lorsque la fête bat son plein, la salle événementielle devient un repère , telle un phare, elle guide les âmes égarées.

 

LA MEDIATHEQUE

Une présence silencieuse au service du patrimoine industriel

Le pole médiathèque se trouve à un emplacement stratégique du terrain de notre projet. A la fois en relation directe avec l’Yonne, les silos, le centre historique, le nouveau quartier, il est «trait d’union » avec le parc ; c’est l’accès principale au centre alternatif. La solution architectonique proposée est basée sur l’intention de préserver l’identité du lieu en prenant en compte la forte identité du patrimoine industriel et de son environnement. Notre solution est basée sur une juste mesure de « présence » architecturale afin de garder une image associée aux valeurs du site sans perdre les atouts qu’une intervention contemporaine pourrait apporter au lieu. Pour cela, et pour magnifier la cathédrale des temps modernes que représentent les silos, le volume de la médiathèque a été pensé comme une présence silencieuse, une expression sensible qui n’entrave pas le patrimoine industriel. Pour cela, l’emprise verticale de la médiathèque se veut contrôlée.

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UNE PERMEABILITE
Autrefois terrain enclavé et réel obstacle ne permettant pas un franchissement aisé du lieu, l’architecture du projet a été pensé comme un espace perméable de façon permanente, un véritable lien entre la ville et la nature offrant aux passants une ouverture visuelle que ce soit vers le parc, vers la ville historique ou vers l’Yonne.

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UNE POCHE D’AIR
Plutôt que de considérer le projet comme une porte d’entrée au parc – dans la continuité d’offrir à la ville étouffée une nouvelle poche d’air, un nouveau poumon vert – nous préférons imaginer qu’il soit perçu comme faisant partie intégrante de celui-ci, au cœur du boisé. En d’autres termes, nous avons pensé le projet comme une transition douce urbain/nature plutôt qu’une dichotomie nature/ culture qui conduit à penser les parcs comme des oasis de verdure séparés du milieu urbain par une frontière fortement définie.

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LE PARVIS
Le parvis menant au hall d’entrée de la médiathèque est situé dans le prolongement d’une promenade sur les quais de l’Yonne en relation immédiate avec le centre historique d’Auxerre. Cette place fournit l’occasion d’une halte pour les promeneurs, les cyclistes, etc. et se propose comme un point de rencontre ouvert pour la ville et ses habitants qui y trouveront bancs, supports à vélos, ombre, œuvres d’arts et animations publiques. Cette place paysagée est un espace pour se détendre et un lieu d’animation avec un amphithéâtre en plein air – formé par un mouvement de sol du projet – parfait pour organiser des évènements de toutes sortes. Il sert également de point de contemplation vers le centre historique.

DEUX ESPACES FONDAMENTAUX
Le volume de la médiathèque répond à cette volonté de porosité et d’interaction avec le paysage, la fréquentation de ce programme peut donc être une expérience immersive qui contribue à exaucer ce souhait tout en fournissant un cadre propice à la lecture. La proposition pourrait être conceptuellement divisée en 3 éléments principaux : Le continuum, l’auditorium et la canopée.

Continuum3

Afin de se tenir en respect par rapport au patrimoine industriel et ainsi réduire son emprise verticale, le volume a été creusé d’un niveau permettant une connexion basse avec les silos et le pôle muséographique. Cette connexion en sous-sol entre les deux parties du projet reste dans notre logique de perméabilité des volumes et des programmes. La création de ce renfoncement connecté via le parvis par une pente douce nous a permis de créer une rue intérieure, un passage couvert où l’urbain vient fusionner l’architecture : Le sol en granit clair du parvis se prolongeant dans la rue intérieure de la médiathèque.

LE CONTINUUM
Ce hall d’entrée reliant le musée (les silos) et la médiathèque (l’architecture d’accompagnement) par une rue intérieure forme un espace public fort et créé un lieu d’attraction pour les visiteurs ; avec sa hauteur sous plafond généreuse baignée par la lumière grâce aux ouvertures généreuses en façade et aux puits de lumière. C’est un espace ouvert social qui sert le cœur de la médiathèque. Ce lieu joue le rôle de carrefour fonctionnel, c’est un lieu de passage générateur de vie, de rassemblement social de discussion et de culture émaillé le long du parcours par des activités commerçantes et culturelles comme,une librairie, une artothèque et différentes animations pouvant avoir lieu dans cet espace offert au public. Il remplit alors un rôle majeur dans le paysage culturel du centre alternatif.

L’AUDITORIUM
Pensé comme un volume ouvert (plutôt qu’une boite comme le sont les auditoriums traditionnels) il est le point névralgique du pôle bibliothèque. C’est un lieu d’interaction et d’information. Sa mission principale est de fournir un cadre pour des rencontres, des réunions, des événements et des conférences. Il est voulu comme modulable, tantôt lieu central de lecture, de consultation, tantôt lieu de passage et d’animations configurant ainsi différents degrés d’intimité. En ayant dessiné cet espace comme faisant partie intégrante du pôle bibliothèque nous montrons là une volonté d’encourager l’utilisateur à être actif, plutôt que de recevoir passivement des informations et des services, l’auditorium fait partie d’un tout et n’est pas un volume déconnecté du reste.

DEUX VOLUMES, DEUX AMBIANCES
Afin de répondre a notre volonté de perméabilité spatiale, leitmotiv de notre projet, Il a été décidé de diviser le programme en 2 volumes distincts traversés par un axe longitudinales. Cette partition nous a permis de hiérarchiser les espaces en 2 ambiances différentes : L’espace ludique et l’espace travail.

Ludique

L’espace ludique est définit par :
. Le continuum avec ses diverses activités,
. Le café littéraire, profitant d’une façade généreuse donnant sur l’Yonne et sa promenade ainsi que d’une vue panoramique à 180° sur le centre historique d’Auxerre.
. L’espace multimédia, et le monde des enfants venant faire l’articulation avec :

l’espace de travail définit par :
. L’auditorium,
. L’espace bibliothèque / consultation / documentation,
. Les salles d’études.

Fonctions

 

L’édifice recherche une expression neutre et sensible qui n’altère pas le site et le patrimoine industriel qui est le véritable protagoniste du lieu. Ici, l’architecture est le paysage et le paysage est l’architecture. L’architecture change de forme, se déploie, se répand et monte, en réduisant les frontières entre l’espace construit et le site. L’accès au programme peut venir sous plusieurs formes : parfois un sentier, parfois une place, parfois une passerelle suspendue dans les arbres, parfois un « espace clos » au cœur du projet. Tous ces mécanismes sont là pour favoriser l’interaction et le développement, l’exploration et la découverte. Ainsi, le bâtiment offre une variété d’ambiances et d’espaces, il fournit des lieux où se rencontrer et échanger mais également des lieux intimistes propices au travail. L’architecture d’un tel lieu doit encourager l’interaction et plus important encore, d’introduire un sentiment d’appartenance.

Impression

 

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